No et moi est un film plein de charme avec des personnages qui ont chacun leurs fantômes et dont le film va raconter l'évolution.
Faut-il être différent pour comprendre et aller vers les sdf ? C'est l'amalgame dangereux que le film risque de suggérer et qui en même temps nous invite à réfléchir à ce problème de société, omniprésent mais qu'on fait tout pour oublier.

Chacun des personnages, d'une façon ou d'une autre, vit hors de la société. La dépression, les années d' avance, et même les prénoms - No : négation, Lou : animal - sont autant d'indices qui font des personnages de No et moi des êtres à part.

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La mécanique du film réside donc dans l'association de personnes en difficulté qui s'aident mutuellement. Lou, au contact de No, sort de sa coquille et grandit. No trouve un travail. Un équilibre semble trouvé mais des indices ça et là suggèrent qu'il n'est pas si facile de quitter la rue pour se réinsérer. No prend des médicaments, boit comme si un transfert s'opérait entre elle et la maman de Lou.

No et moi fait le choix d' un montage dans lequel la voix off lie des espaces, des temporalités différents : c'est le pouvoir de l'innocence, de l'espérance d'une petite fille de 13 ans. L'utilisation du flou, au contraire, tisse un monde dans lequel on n'est jamais sûr de retrouver ceux que l'on aime : c'est la malédiction de la disparition, très présente dans le film.

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Mon avis sur No et moi de Zabou Breitman : 8/10
No et moi joue sur les deux tableaux du cinéma : séduisante mise en scène, casting sur mesure, BO dynamique, et en même temps réflexion sociale sur les personnes laissées en marge de la société.
Le film décrit avec humilité et intelligence des rapports humains complexes et émouvants. On pourra évidemment regretter cette propension à ne choisir que des personnages marqués par la vie pour amener l'émotion plus vite. Mais la performance des acteurs fait vite oublier cette attirance vers le drame facile.

Bande annonce No et moi de Zabou Breitman