Voilà une comédie musicale pour filles, presque exclusivement.
Phyllida Lloyd reprend dans Mamma Mia le show à succès du même nom avec cette fois Meryl Streep dans le rôle de Donna, qui marie sa fille Sophie (Amanda Seyfried). Le mariage approche et Sophie, qui n’a jamais connu son père, décide d’inviter ses trois pères potentiels après avoir déniché leurs noms dans le journal intime de sa mère.

Mamma Mia s’inscrit tout du long comme un hommage à Abba et un hommage aux femmes : la scène avec la chanson de Dancing Queen en étant le meilleur exemple lorsque, toutes générations confondues, les femmes de l’île s’élancent à la suite de Donna qui vient de retrouver sa fougue d’adolescente.

Bien sûr la musique d’Abba donne au film presque tout son intérêt : du coté de la bande originale de Mamma Mia, rien à redire, si ce n’est quelquefois des moments un peu difficiles pour les oreilles. Mais dans l’ensemble, les voix sont bonnes, les mises en scènes plutôt réussies et le décor largement mis en valeur.

Car Mamma Mia est un film à voir quand on manque de soleil, de mer, d’île paradisiaque, d’amour et d’amitié. Meryl Streep et Amanda Seyfried, reines de ce petit monde inventé, incarnent à elles seules le paysage : yeux bleus, cheveux blonds, et une pointe de sauvagerie. Elles rient, sourient, s’aiment, aiment.

Le film, très simple, enlevé, et même parfois brutal tant les enchainements défilent, se laisse gentiment regarder, avec un sourire au coin des lèvres. Mamma Mia est drôle, si l’on n’est pas fanatique du premier degré, si l’on apprécie les blagues de filles, ou encore si l'on rêve de voir un ancien James Bond (Pierce Brosnan) pousser la chansonnette!

Un agréable moment de cinéma, en somme, quand même à la limite de donner mal à la tête : tant de beauté, de couleurs, d’humour assez bas de gamme et de bons sentiments virevoltant, c’est trop pour un seul spectateur !

Le dénouement ne vient pas gâcher la fête, et parvient même à étonner, donnant lieu à une scène assez cocasse dans l’Eglise.
Mamma Mia est une comédie musicale qu’on n’irait pas voir bien souvent, mais il est certains jours dans l’année où l’envie est là, et dans ces cas là, ces deux petites heures d’amour et de couleurs en pellicule sont à déguster sans rougir.